Le matin du 22 septembre, la question de l’axe paysager du fleuve Rouge a de nouveau fait grand bruit. Le secrétaire du Comité municipal du Parti de Hanoï, Trần Đức Thắng, a réaffirmé le principe suivant : ce n’est qu’une fois la relogement achevé et les infrastructures mises en place que les terrains sur lesquels vivent actuellement les habitants pourront être expropriés. À première vue, cela revient à placer le mot « sécurité » avant celui de « logement », ce qui est tout à fait conforme à la grammaire han-viet.

Mais ce qui préoccupe encore la population, c’est le fossé entre les promesses et la réalité sur le terrain. Hanoï étudie actuellement des solutions de relogement sur place ou dans des zones voisines, dotées d’infrastructures complètes et cohérentes. La ville a également indiqué qu’elle continuait à recueillir les avis de la population avant de finaliser le plan d’urbanisme.
Ainsi, l’avenue est encore à venir, tandis que les questions des habitants se posent déjà à la porte. On peut tracer une route sur une carte en une après-midi, mais le lieu de vie d’une famille ne peut se décider en quelques traits d’encre. Le projet est d’une très grande envergure, son calendrier s’étend jusqu’en 2038, et il prévoit l’aménagement de zones d’habitation urbaines pour répondre aux besoins liés à l’expropriation. Et voilà donc, d’un côté, une avenue de mille milliards, et de l’autre, les toits des gens ordinaires. D’un côté, on parle de « vision pour les cent prochaines années » ; de l’autre, on espère simplement savoir demain où l’on vivra. En fin de compte, pour qu’un grand projet devienne une grande réussite, il faut avant tout accorder la place qu’il mérite au « bien-être de la population ».










